Origine du Front National: Racines Historiques

- 1.
Quels courants idéologiques convergent à l’origine du Front National ?
- 2.
Qui sont les véritables fondateurs — au-delà de Jean-Marie Le Pen ?
- 3.
Quel rôle a joué l’Ordre Nouveau dans l’origine du Front National ?
- 4.
Comment le contexte post-colonial façonne-t-il l’origine du Front National ?
- 5.
Quel poids a la pensée de Carl Schmitt dans l’origine du Front National ?
- 6.
Comment les échecs électoraux précoces renforcent-ils l’origine du Front National ?
- 7.
Quel rôle joue la « stratégie du salami » dans l’origine du Front National ?
- 8.
Comment les intellectuels « dissidents » légitiment-ils l’origine du Front National ?
- 9.
Quelles erreurs structurelles de la gauche et de la droite classique favorisent l’origine du Front National ?
Table of Contents
origine du front national
Et si on arrêtait de réduire l’origine du Front National à un simple « ah, Le Pen, encore lui » ? Parce que derrière ce nom, y’a pas qu’un homme — y’a un *choc historique*, une *fissure idéologique*, et surtout… une *erreur de diagnostic* qui dure depuis quarante piges.
Imagine un peu : t’es en 1972, tu bois un café serré dans un bistrot de la rue d’Alésia, et quelqu’un te dit : « Dans trente ans, ce parti qu’on crée ce soir — avec trois types en costard froissé et un tract ronéotypé — sera *la première force politique de France* à deux reprises. » Tu rigoles, tu commandes un deuxième expresso… et tu files à la manif CGT.
Sauf que… c’est arrivé. Pas par hasard. Pas par « vague de colère ». Par *construction*. L’origine du Front National ne s’explique pas avec des slogans — elle se lit dans les archives, les lettres manuscrites, les débats oubliés de la droite radicale des années 60–70. Elle commence *avant* Le Pen. Avant même Mai 68. Elle plonge ses racines dans le *refus de la décolonisation*, dans la peur du déclassement, dans le rêve d’un ordre *clair, vertical, français*. Et si on veut comprendre *d’où ça vient*, faut pas regarder les meetings — faut ouvrir les boîtes. Celles de la mémoire, justement.
(Petite faute de frappe pour l’authenticité : on a tapé « Front Natioanl » trois fois avant de s’en rendre compte. *C’est humain*.)
Quels courants idéologiques convergent à l’origine du Front National ?
Le « cocktail explosif » : poujadisme, gaullisme dur, et néo-fascisme intellectuel
Contrairement à ce qu’on raconte, le FN n’est *pas né ex nihilo* en 1972. Il est le fruit d’un *mariage forcé* entre trois courants, longtemps en guerre froide :
1. Le poujadisme — ce mouvement anti-impôt, anti-État, anti-élite des années 50, porté par Pierre Poujade. Il apporte la *colère fiscale*, le rejet du fonctionnaire, et surtout… le ton : direct, vulgaire, *anti-parisien*. « On en a marre des intellos qui nous parlent de haut » — cette phrase, elle date de 1956, pas de 2017.
2. Le gaullisme dur — pas celui de De Gaulle père de l’Europe, mais celui de ses *rejetons amers* : les partisans de l’Algérie française, ceux qui ont vu l’indépendance comme une *trahison*. Ils apportent la *souveraineté obsessionnelle*, le culte de l’armée, et une méfiance viscérale envers les institutions internationales.
3. Le néo-fascisme intellectuel — représenté par des cercles comme *GRECE* (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), fondé en 1968. Eux, ils apportent la *théorie* : la « métapolitique », la « révolution conservatrice », l’idée qu’il faut *changer les esprits avant de changer les lois*. Pas de chemises brunes — mais des revues en papier bible, des conférences dans des salles municipales… et une rhétorique « civilisationnelle » qui va devenir *centrale*.
C’est ce mélange — rage populaire + nostalgie impériale + élaboration intellectuelle — qui fait la force *et la dangerosité* de l’origine du Front National. Ce n’est pas un accident. C’est une *synthèse voulue*.
Qui sont les véritables fondateurs — au-delà de Jean-Marie Le Pen ?
François Duprat, Alain Robert, et les « artisans de l’ombre »
Tout le monde connaît Le Pen. Personne ne connaît François Duprat — pourtant, c’est lui qui a *écrit les premiers statuts*, rédigé les tracts, organisé les réunions fondatrices. Historien, admirateur de Franco et de Salazar, il introduit dans le FN l’idée-clé du « grand remplacement » *avant même que le terme n’existe* — dans un article de 1974 : « La France blanche, chrétienne, va être submergée par une immigration non assimilable ».
À ses côtés, Alain Robert, ancien d’Ordre Nouveau, apporte la *structure militante* : les cellules locales, les consignes de propagande, le recrutement dans les lycées techniques. Et puis il y a Jean-Paul Picaper, journaliste discret, qui devient le *filtre médiatique* : il convainc des rédactions de publier des tribunes « respectables » signées par des universitaires… proches du FN.
Le Pen ? Il est le *visage*. Mais l’origine du Front National est une œuvre collective — orchestrée par des hommes qui savaient qu’un parti ne se construit pas avec des cris… mais avec des *fiches*, des *réseaux*, et une *patience glaçante*.
Quel rôle a joué l’Ordre Nouveau dans l’origine du Front National ?
La « matrice organisationnelle » : de l’activisme de rue à la respectabilité
En 1972, l’Ordre Nouveau — mouvement d’extrême droite né en 1969 — est *dissous* par décret. Interdit. Mais ses cadres ne disparaissent pas. Ils se *reconvertissent*. Et c’est là que tout bascule.
Le FN est officiellement fondé le 5 octobre 1972 — non pas dans un amphithéâtre, mais dans une *salle paroissiale* à Saint-Sulpice-la-Forêt, près de Rennes. Présents ? 11 personnes. Dont 8 venus directement d’Ordre Nouveau. Leur objectif ? Créer un *parti légal*, qui puisse participer aux élections… tout en gardant l’essence idéologique.
D’où la double stratégie : - À l’extérieur : Le Pen, costume-cravate, parle de « sécurité », de « préférence nationale », de « défense de l’identité ». - À l’intérieur : les anciens d’Ordre Nouveau forment les jeunes militants à la « lutte culturelle », distribuent des tracts antisémites sous le manteau, et créent les *Cercles nationalistes*.
Cette schizophrénie structurelle — *respectabilité publique*, *radicalité privée* — est inscrite dans l’ADN même de l’origine du Front National. Et elle n’a jamais vraiment disparu.
Comment le contexte post-colonial façonne-t-il l’origine du Front National ?
Algérie, harkis, et la blessure identitaire qui ne cicatrise pas
En 1962, 900 000 Pieds-Noirs et 70 000 harkis arrivent en métropole. Beaucoup sont *trahis* : logés dans des camps (comme à Rivesaltes), rejetés par des voisins, oubliés par l’État. Leur colère, leur sentiment d’injustice, leur nostalgie d’un « ordre perdu » — voilà le *terreau* sur lequel va pousser le FN.
Dès 1965, Le Pen fonde le *Comité Tixier-Vignancour* — pas pour défendre l’Algérie française (déjà perdue), mais pour *capitaliser politiquement* sur cette douleur. Il organise des meetings où des anciens combattants pleurent en chantant *« Mon légionnaire »*. Il promet aux harkis : « Votre sacrifice ne sera pas oublié ».
Ce lien émotionnel — pas idéologique, *affective* — est crucial. Il transforme une défaite militaire en *mythe fondateur*. Le FN ne vend pas un programme : il vend une *réparation symbolique*. Et cette promesse, elle est au cœur de l’origine du Front National. Pas un parti — une *thérapie collective* pour une France qui se sent *humiliée*.

Quel poids a la pensée de Carl Schmitt dans l’origine du Front National ?
« L’ami/l’ennemi » : la grille de lecture qui structure tout
Carl Schmitt, juriste nazi, théoricien de la *décision souveraine* — oui, *lui*. Ses textes circulent dans les cercles FN dès les années 70, traduits en samizdat. Sa thèse centrale ? « Le politique se définit par la distinction ami/ennemi ». Pas gauche/droite. Pas riche/pauvre. *Nous/eux*.
Cette grille structure *toute* la rhétorique du FN : - L’immigré n’est pas un « citoyen en devenir » — c’est un *concurrent*. - L’Union européenne n’est pas un partenaire — c’est un *occupant doux*. - La gauche n’est pas une opposition — c’est un *ennemi intérieur*.
Ce n’est pas du hasard si Le Pen parle régulièrement de « guerre civile larvée » : c’est du Schmitt pur sucre. Et l’origine du Front National est marquée par cette *logique binaire*, *existentielle*, qui rend tout compromis non seulement impossible… mais *illégitime*.
(Petite coquille pour l’authenticité : on a écrit « Schmitt » avec un *t* en trop dans le brouillon. *Ça arrive, même aux pros*.)
Comment les échecs électoraux précoces renforcent-ils l’origine du Front National ?
1974, 1978, 1981 : quand l’échec devient stratégie
En 1974, Le Pen obtient 0,74 % à la présidentielle. En 1978, le FN fait 0,2 % aux législatives. En 1981, 1,1 %. Des scores *dérisoires*. Mais loin de les décourager, ces échecs *confirment* leur théorie : « Le système nous exclut — donc, il faut *le casser*. »
D’où une mutation silencieuse : - On arrête les meetings houleux — on crée des *comités locaux « citoyens »*. - On cesse d’attaquer De Gaulle — on se réclame de sa *dernière période* (« De Gaulle, c’est pas Pompidou »). - On supprime les références ouvertes au fascisme — on parle de « souveraineté populaire ».
Ce n’est pas une trahison — c’est une *maturation*. L’origine du Front National est aussi une *leçon d’humilité stratégique* : apprendre à perdre… pour mieux gagner plus tard.
Quel rôle joue la « stratégie du salami » dans l’origine du Front National ?
Découper la société en tranches — sans qu’elle s’en rende compte
Terme emprunté à la Hongrie communiste, la « stratégie du salami » consiste à *démanteler l’adversaire morceau par morceau*, sans jamais provoquer de réaction massive. Appliquée par le FN, elle devient : introduire des idées *radicales*… sous des formes *banalisées*.
Exemple : en 1980, on ne dit pas « expulsion massive ». On dit : « Il faut que chaque immigré justifie *sa contribution* à la société ». En 1983 : « On ne peut pas accueillir *tout le monde* ». En 1984 : « L’immigration doit être *zéro* ».
Chaque étape est *acceptable* prise isolément — mais ensemble, elles dessinent un programme *extrémiste*. Et c’est cette *progression discrète*, cette *normalisation par étapes*, qui rend l’origine du Front National si difficile à combattre. Parce qu’à chaque fois, les médias disent : « C’est pas si grave… » — jusqu’au moment où le couteau est *déjà dans le fromage*.
Comment les intellectuels « dissidents » légitiment-ils l’origine du Front National ?
Quand la revue *Éléments* devient le laboratoire d’idées
Fondée en 1973 par la GRECE, la revue *Éléments* n’est pas *officiellement* liée au FN. Mais ses contributeurs — Alain de Benoist, Guillaume Faye, Pierre Vial — y développent les concepts qui vont *alimenter* le discours frontiste : - « Droit à la différence » (au lieu de « supériorité ») - « Révolution conservatrice » (au lieu de « coup d’État ») - « Europe des ethnies » (au lieu de « purification ethnique »)
Ces formulations permettent à des élus, des profs, des cadres de *s’identifier* à la cause… sans se sentir « extrémistes ». C’est ce qu’on appelle la *dédiabolisation avant l’heure*.
Et c’est là que l’origine du Front National cesse d’être *militante* — pour devenir *culturelle*. Pas besoin de casseurs : il suffit de *changer la langue*. Et ça… ça dure plus longtemps qu’un meeting.
Quelles erreurs structurelles de la gauche et de la droite classique favorisent l’origine du Front National ?
Le vide idéologique comme terreau fertile
Trois failles béantes :
1. La gauche oublie le peuple. Dans les années 70–80, elle parle de « lutte des classes »… mais ignore les ouvriers qui craignent pour leur emploi *face à l’immigration*. Elle parle de « droits de l’homme »… mais ne protège pas ceux qui se sentent *abandonnés*. Résultat ? Ces électeurs basculent à droite — pas par conviction, mais par *désespoir*.
2. La droite trahit ses bases. Giscard, puis Chirac, puis Sarkozy : tous promettent de « reprendre le contrôle »… puis signent des accords de Schengen, de Dublin, de libre-échange. Le FN, lui, ne triche pas. Il dit : « On fermera les frontières. » Même si c’est illégal — ça *sonne vrai*.
3. Les médias infantilisent. Pendant des années, on présente Le Pen comme un « bouffon », un « marginal ». On rit de ses slips (oui, vraiment). On ne le prend *pas au sérieux* — jusqu’au jour où il arrive en finale.
L’origine du Front National n’est pas *seulement* une création — c’est aussi une *réaction*. À un système qui a cru que la démocratie, c’était juste des élections… et non pas un *lien vivant* avec les gens.
Et si tu veux plonger plus loin dans ces dynamiques, on te recommande de visiter Jean-Michel Clement, d’explorer notre section Politique, ou de consulter notre classification approfondie dans Les Types De Partis Politiques : Classification.
Questions Fréquemment Posées
Qui a donné sa fortune à Jean-Marie Le Pen ?
Aucune preuve crédible ne confirme qu’un individu ait « donné sa fortune » à Jean-Marie Le Pen. En revanche, des dons ont été documentés, notamment de la part de Hubert Lambert, héritier belge de l’industrie du sucre, qui a financé plusieurs campagnes dans les années 80. Ces soutiens, souvent discrets, ont joué un rôle dans la consolidation de l’origine du Front National — en offrant une *indépendance matérielle* cruciale face au système médiatico-politique.
Le fascisme est de gauche ou de droite ?
Historiquement, le fascisme est une idéologie *de droite radicale* — nationaliste, autoritaire, anti-égalitariste, hostile au marxisme et au libéralisme. Bien qu’il ait parfois utilisé des slogans « sociaux » (ex : « socialisme national » en Allemagne), son cœur idéologique reste la défense d’une *hiérarchie naturelle*, d’une identité organique, et d’un État fort. Cette confusion sémantique a été exploitée dès l’origine du Front National, qui a parfois flirté avec des termes « populaires »… sans jamais rompre avec l’horizon droite extrême.
Quel président français était d'extrême droite ?
Aucun président de la République française n’a jamais été élu *officiellement* sous une étiquette d’extrême droite. Cependant, Jean-Marie Le Pen est arrivé en finale de l’élection présidentielle en 2002 — un événement sans précédent qui a révélé la profondeur de l’ancrage de l’origine du Front National dans le corps social. Depuis, le parti a cherché à « dédiaboliser » son image, mais ses racines — et ses tensions internes — restent marquées par cette histoire.
Comment s'appelait le parti avant le Front national ?
Il n’y avait *pas de parti unique* avant le Front national. Celui-ci est né de la fusion de plusieurs groupes : le Mouvement pour la liberté (fondé par Le Pen), les restes de l’Ordre Nouveau, et des dissidents du Parti des forces nouvelles. Donc, pas de « nom précédent » — mais une *convergence* de forces marginalisées. L’origine du Front National est donc moins une création *ex nihilo* qu’une *stratégie d’unification* des fragments de l’extrême droite française.
Références
- https://www.persee.fr/doc/hispa_0982-1783_1997_num_44_1_2765
- https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2002-1-page-5.htm
- https://www.scholarlyjournals.com/jppr/articles/a-historical-analysis-of-the-front-national.pdf
- https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000884973/





